Interview d'un
professionnel réputé qui a souhaité garder l'anonymat afin d'éviter
que cette rencontre soit assimilée à un publi-reportage.
Vous exercez
depuis 20 ans en tant que medium, mais en réalité vous vous êtes rendu
compte que vous aviez des dons dès votre enfance. Comment sont-ils
venus à vous ?
J’avais à peine cinq ans
et, avec mes mots d’enfant, j’ai dit à mes parents que je voyais ma
grand-mère mourir. Le lendemain, malheureusement, elle n’était plus
là.
Avez-vous eu
d’autres manifestations de ce genre ?
A l’époque où le Pape Jean-Paul 1er fut élu, j’étais dans la
cour du lycée et j’ai dit à mes camarades « non, ce sera Jean-Paul II
» ! Cela m’a causé de gros problèmes au niveau de l’école et de ma
famille, aussi j’avais tendance à garder pour moi tout ce que je
pouvais voir.
Qu’est-ce qui
vous a incité à en faire votre profession ?
Je travaillais dans un commerce où j’avais des rapports avec
une clientèle qui n’avait rien à voir avec la voyance. Très souvent,
je voyais des choses sur mes clientes et je le leur disais. Peu à peu
les gens sont venus de plus en plus nombreux et m’ont poussé à
m’installer.
Vous utilisez les
cartes en tant que support, mais vous dites que cela vous ennuie
terriblement. Alors pourquoi utiliser ce support qui ne semble pas
vous correspondre vraiment ?
Pendant vingt ans, je n’ai toujours travaillé qu’avec le jeu
de Belline car les autres ne m’inspirent pas. Pour le consultant, les
cartes donnent un côté officiel à notre profession. Mais en réalité,
je n’ai pas besoin des cartes pour voir !
Quelle différence
faites vous entre un medium et un psychologue ?
Quand vous allez voir un psychiatre ou un psychologue, c’est
vous qui lui parlait au cours des différentes séances. En revanche,
vous ne devez pas parler à un voyant, c’est lui qui doit vous dire ce
qu’il voit.
Les deux sont-ils
complémentaires ou à vos yeux quels sont les plus de l’un et de
l’autre ?
Nous sommes les médecins de l’âme, mais nous n’avons aucune
école, ni aucun diplôme pour nous reconnaître. Nous existons auprès de
l’administration mais pas du point de vue de la loi ! S’il y a des
gens qui me consultent pour un problème de santé, je leur conseille
immédiatement d’aller voir un médecin. La voyance aux voyants, la
médecine aux médecins !
Que pensez-vous
des Ovni et d’après-vous existent-ils ?
Le paranormal a pris une ampleur depuis quelques années. Moi,
je n’ai jamais vu d’Ovni. Aussi, je demande à voir !
Dans ces célèbres
Centuries astrologiques, Nostradamus avait prédit la fin du monde pour
l’an 2000. Faut-il se méfier des nombreuses interprétations que nous
en faisons ?
Ceux qui interprètent Nostradamus se trompent même sur ses
dates, alors comment croire à leurs interprétations. Ils jouent sur la
peur et ça marche !
Croyez-vous à une
vie après la vie et avez-vous eu déjà des contacts avec des disparus ?
Je pense qu’il existe quelque chose après la mort. Quand
quelqu’un disparaît il y a une âme ou un esprit qui reste. C’est
l’enveloppe qui s’échappe. Je voudrais toutefois qu’on m’explique
comment entrer en contact avec un décédé si la réincarnation existe...
bien sûr, on va me répondre, oui, mais il y a un laps de temps. Moi,
j’attends des preuves plus claires !
Quels sont les
pièges et les dangers de la voyance.
Quand je vois que certains voyants écrivent dans leur
publicité « Vérité à 100% », je me demande comment ils peuvent écrire
cela. Nous faisons tous des erreurs et nous devons les reconnaître,
cela nous rend plus crédibles. Je veux mettre en garde les consultants
contre les abus de confiance ou les esroqueries de certains voyants
afin de rendre la profession plus saine.
Quel conseil
donneriez-vous à une personne qui consulte pour la première fois un
medium ?
De ne pas lui parler et de l’écouter en priorité ! Moi, je
demande simplement un prénom, une date de naissance et stop ! Je ne
veux pas me laisser influencer. Si un voyant ne vous correspond pas,
il ne faut changer immédiatement et aller en voir un autre. De même,
il ne faut pas aller voir un voyant tous les quinze jours. une fois,
voire même deux fois par ans suffisent et il faut laisser faire les
choses entre-temps.
Est-il facile de
garder son propre libre-arbitre ?
Un voyant doit savoir rester neutre. Il n’est pas là pour
juger et encore moins pour diriger. S’il y a deux situations, il faut
donner ces deux situations et dire aux gens qu’ils sont maîtres. C’est
à eux de garder leur libre-arbitre et pas à nous !
Mais ne
risquez-vous pas de vous faire « asphyxier » par le consultant ?
Pas du tout. Dans la mesure où vous respectez une personne,
elle vous respecte. Un Rmiste a autant besoin de nous qu’un chef
d’Etat et c’est à nous de savoir hiérarchiser les priorités en
fonction des valeurs humaines.
Un homme est-il
aussi à l’aise qu’une femme en consultation ?
Les comportements ont changé. Le côté magique de la voyance
n’existe plus aujourd’hui. Les voyants sont plus accessibles et les
hommes nous consultent maintenant autant que les femmes. La
différence, c’est que les femmes de toutes les couches sociales nous
consultent alors que la clientèle masculine vient principalement des
hommes d’affaires. Les questions ne sont pas forcément les mêmes.
Vous-même
arrivez-vous à vous faire vos propres voyances ou consultez-vous des
confrères ?
Pour moi, je ne vois rien. J’ai déjà consulté d’autres voyants
et celle qui m’a le plus époustouflé reste Madame Indira. J’ai aussi
consulté une personne très médiatisée, qui a un grand nom et qui
demande hyper cher et qui me voyait garagiste !
Et le consultant
idéal ?
Nous ne sommes pas là pour changer les gens. Toutefois, le
consultant idéal serait celui qui écoute mais qui ne juge pas !
Votre rêve secret
?
Avoir un jour un consultant très démuni matériellement ou
psychologiquement et le revoir un an plus tard bien dans sa peau !
Merci d'avoir répondu à nos
questions.