La protection contre les
vampires diffère selon les pays et les cultures. Nos traditions
judéo-chrétienne et nos influences culturelles nous poussent à croire
que les vampires ont peur des crucifix ou des gousses d’ail. Il existe
cependant des rites de protection bien plus sérieux et qui ont su
traverser les temps pour continuer à exister de nos jours.
Dans les villages des
Balkans, une tradition existe pour protéger les animaux attaqués par des
vampires. Le “ feu de Misère ” a toujours été le rite sacré, et l’on en
trouve trace dès le 10ème siècle.
L’abbé bénédictin de
Senones, Dom Augustin Calmet, rapportait dans un procès verbal :
“ Les paysans slaves et
bulgares se représentent la peste bovine comme un démon, un vampire
malfaisant, que l'on peut tenir en échec en interposant une barrière de
feu entre lui et les troupeaux. Une conception analogue était peut-être
à l'origine de l'emploi du “ feu de Misère ” comme remède pour
l'épizootie. Il semble qu'en certaines parties de l'Allemagne, les gens
n'attendaient pas que la peste éclatât ; ils saisissaient l'occasion par
les cheveux, et allumaient chaque année un “ feu de Misère ” pour
prévenir la calamité. De même, en Pologne, dit-on, le jour de la
Saint-Roch, les paysans allument dans les rues du village, chaque année,
des feux, et ils les font traverser par le bétail pour le protéger
contre l'épizootie. Nous avons vu que, dans les Hébrides (au nord de
l'Ecosse), chaque année, on faisait faire au bétail le tour des “ feux
de Beltane ” dans le même but. ”
“ Chez les peuples
slaves, le “ feu de Misère ” semble destiné à combattre non pas tant des
sorcières vivantes que les Vampires et autres mauvais esprits. Et la
cérémonie vise plutôt à repousser ces créatures néfastes qu'à les
consumer véritablement dans les flammes. Mais, pour ce qui nous
intéresse ici, ces distinctions sont insignifiantes... ”
On trouve encore ces “
feux de Misère ” dans quelques parties d’Ecosse et d’Allemagne. Le “ feu
de Misère ” est, comme son nom l’indique, un feu allumé par l’homme le
plus âgé du village ou par un jeune garçon et une jeune fille. Il doit
être allumé en frottant deux bâtons l’un contre l’autre. Les ou la
personne allumant le feu, ne doivent pas porter le moindre objet en
métal. Tous les feux du voisinage doivent être éteints tant à
l’extérieur qu’à l’intérieur des habitations. Quand les premières
flammes du “ feu de Misère ” apparaissaient, on rajoutait du bois sec et
il se transformait en “ feu de Joie ”,à travers duquel on faisait
traverser les animaux ayant été attaqués par un vampire. Une fois le feu
éteint, les cendres étaient dispersées dans les champs.
Les hommes aussi ont
voulu se protéger des créatures de la nuit. On trouve, sur des armes
anciennes, des signes magiques et ésotériques de protection contre les
vampires sur quelques armes anciennes, notamment des dagues et des
épées. Outre le fait que représente l’épée dans la magie et la
sorcellerie, on peut deviner que les propriétaires de ces armes devaient
redouter les vampires. Les plus belles pièces connues viennent toutes de
Serbie, d’Autriche et de Hongrie et datent du XVIIIème siècle.
Incantation de protection
contre les Vampires
Esprits qui ravagez le
ciel et la terre,
Esprits qui ravagez le pays tout entier, avec la force et la vitesse des
géants,
Démons semblables à des taureaux enragés,
Spectres qui entrez avec fracas dans chaque demeure, démons éhontés.
Au nom de sept !
Sans souci, ils broient tout comme du grain, sans pitié.
Ils excellent leur haine contre l'humanité
Ils aspergent de pluies de sang, dévorant ses chairs et s'abreuvant à
ses veines.
Là où ne repose l'image des dieux, ils font trembler le sol,
Dans le temple de Nabu qui fertilise les semailles.
Ce sont les démons de la violence, s'enivrants sans cesse de sang,
maudissons-les !
Afin qu'ils ne reviennent jamais plus parmis nous, par le pouvoir des
dieux, nous vous exorcisons !
Par la puissance de la terre, soyez exorcisés !
